Mon oeil

18 mai 2008

Rolling on Hudson's side - #113

Long time no see... Vous n'avez pas pu passer à côté du buzz autour de la sortie du jeu video Grand Theft Auto 4 (même les JTs ont fait un sujet, assez minable au demeurant, et @rrêt sur Images lui consacre son émission cette semaine), aka[1] GTA IV pour les intimes. Moi non plus. En afficionado de la série j'ai donc hiberné manette en main, pendant déjà plus de 15 heures. Le jeu a une fonction Statistiques qui décompte, entre autres, le temps passé à jouer. Voilà pour les raisons de ce silence prolongé. Je ferai peut-être un billet spécial GTA IV, pour raconter ce que c'est que de faire la queue un mardi soir à minuit devant BestBuy (l'équivalent de la FNAC) pour être parmi les premiers à se la jouer gangster dans une parodie de New York d'un réalisme surprenant.

Cette semaine, le soleil ayant montré son nez samedi et les températures étant un peu plus clémentes bien que toujours aussi instables, nous avons choisi de poursuivre l'exploration des promenades possibles en roller. Sur le flanc ouest de Manhattan file une piste cyclable coincée entre l'autoroute et le front de rivière, flanqué d'une rangée de pontons. C'est un endroit particulièrement agréable où se mêlent les groupes en train de se dorer la pilule sur les pelouses, ceux qui ont opté pour le petit demi en terrasse, et bien sûr les coureurs, cyclistes, skaters et rollers venus faire leur séance d'exercice au bord de l'Hudson (la presqu'île de Manhattan est prise entre l'Hudson River, à l'Ouest, et l'East River à... l'Est!).


La ballade fait une dizaine de kilomètres, à l'instar de notre précédente boucle dans Central Park, sachant que nous ne sommes redescendus que jusqu'à Columbus Circle (repère 3) et pas au point de départ (repère 1). Mais comme deux têtes valent mieux qu'une, nous avons pensé à prendre l'appareil photo pour vous donner un aperçu de cette balade au bord de l'eau. La suite en photos donc, dans le diaporama ci-dessous (cliquer dessus pour accéder aux photos haute résolution).


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[1] aka : also known as, alias.

28 avril 2008

The Big Loop - #112

Le glas de l'hiver a sonné et les températures ont pris une quizaine de degrés, presque du jour au lendemain. Tout cela colle très bien avec la perte de nos vestes de demi-saison en garde-meubles, puisque l'on a pour l'instant l'impression de passer de l'hiver à l'été sans vraiment s'arrêter sur la case printemps (et empocher 20.000$, trop bête on ne pourra pas s'acheter des sucettes). Nos sommes gratifiés de semaines remplies d'un soleil radieux, de quoi ronger son frein quand on passe ses journées de semaine enfermé. C'est donc la fin des excuses pour ne pas mettre le nez dehors plus que le strict nécessaire. Le besoin de verdure se fait sentir, et surtout d'exercice. C'est décidé : on se remet au roller.

Sur la presqu'ile, il n'y a pas des dizaines de possibilités pour taquiner des roulettes. Sorti de Central Park, point de salut. Il faudrait vraiment être dingo pour s'essayer à la glisse en pleine ville sur les rues et les avenues. Toujours se souvenir des taxis qui roulent comme des bovins, des trous monumentaux dans la chaussée, des planches en bois et des plaques de fonte qui jonchent de nombreuses voies... pas vraiment le paradis du patin. Heureusement, le grand parc fournit un terrain de jeu idéal : des dimensions parfaites, plein de verdure et des arbres en fleur (il ne faudrait tout de même pas que l'on oublie nos allergies), des plans d'eau et surtout une magnifique piste bitumée qui crie "Roulettes!".


Ainsi avons nous décidé de faire de la Big Loop notre étalon. Cette "grande boucle" est le plus grand tour possible du parc, et suis plus ou moins sa forme rectangulaire très allongée. A la mesure Google Earth, ça fait une grosse dizaine de kilomètres. Et pour cette première session, nous mettons une grosse heure, ce qui est bien mais pas top[1]. Mais vu la quantité de pollen dans l'air ces temps-ci, et le peu pas d'exercice que nous avons fait depuis plusieurs mois, c'est pas trop mal. Il reste a voir si l'on arrive a faire mieux et surtout si l'on se motive pour deux tours au lieu d'un lors de la prochaine sortie.

A part ça, le baril de pétrole est bizarrement au même prix de ce côté de l'Atlantique, soit à 118.64$ à l'heure où j'écris ces lignes. De quoi donner des frissons à une Amérique si dépendante de sa consommation en énergie, et des raisons concrètes pour que le change soit si défavorable au billet vert. De quoi donner des vertiges à ceux qui ont choisi d'y passer un bout de vie, quant l'heure est à penser aux voyages en Europe. Donc je déclare les soldes de printemps ouvertes, avec les USA dans le rôle du supermarché discount pour européens où tout est à -30%. Et ce n'est que la première démarque.

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[1] Un peu comme le 11/20 de Karamazov.

23 avril 2008

Dove vs Greenpeace

Vous vous souvenez du clip de Dove pour démonter le mythe des femmes sur papier glacé? Quand l'entreprise dénonçait les pratiques de l'industrie cosmétique et affichait au grand jour les procédés de retouche systématiques des images publicitaires? Pour un petit rafraichissement de mémoire, c'est ici que ça se passe. Manu vient de me livrer sur un plateau la suite de l'histoire, que je vous retranscris ici-même tout de go. Merci Manu.

Le nouveau clip de Dove pour les parents de petites filles rousses super mimi :




La réponse de Greenpeace, à l'occasion du jour de la planète ("Earth Day") :



Décidément, j'ai entendu beaucoup de bruit sur Greenpeace, mais je commence a bien les aimer ces petits gars. Sensibiliser le consommateur, encore et toujours...

14 avril 2008

Backgammon Addiction - #111

Je suis à peu près sûr que pour la plupart d'entre vous, le backgammon se résume à un drôle de plateau aux triangles isocèles bicolores rancardé au fond d'une malette multi-jeux pour enfants. Le genre de truc dont on a pas vraiment lu les règles, parce que de toute façons ce sera trop rébarbatif. Oublié entre la roulette de casino en plastique, et les grilles de loto, circulez, il n'y a rien à voir. Hé bien vous vous fourrez le doigt dans l'œil jusqu'à l'omoplate. Flashback 18 ans en arrière...

Bad Segeberg, avril 1991. Accueilli par une adorable famille du Schleswig-Holstein[1] pour un échange linguistique, je réalise rapidement que cette année, le hasard des affectations m'a favorisé. Les Hansen sont très cultivés, particulièrement quand il s'agit de musique classique et de jeux. Les dimanche sont souvent l'occasion de sortir les boites de jeux et de partager des moments privilégiés entre parents et enfants. Comme ils sont au nombre de 4, il n'est pas rare que nous jouions à 7 pendant plusieurs heures dans le salon, le père jouant aux échecs contre sa fille, deux frères jouent avec leur mère à un jeu de plateau "allemand", et mon correspondant m'apprend à jouer à l'une des ces innombrables merveilles. C'est comme cela qu'un jour, il m'apprend les règles du Backgammon. Dans mon souvenir, nous y jouons beaucoup et le jeu est très addictif.

Bad Segeberg, Schleswig-Holstein

Et puis je rentre en France, je n'ai pas de plateau de backgammon à la maison et pour une raison que je ne m'explique pas complètement, je ne rejouerai quasiment jamais au backgammon pendant une quinzaine d'années. Les seules parties que j'ai l'occasion de jouer durant mon adolescence sont contre des filles au pair allemandes, qui ont eu la brillante idée de m'offrir une petite malette de backgammon de voyage. Retour dans le présent...

New York, avril 2008. Il y a 2 ou 3 semaines, Bob, un ami newyorkais qui habite à une poignée de bloc de chez nous, me demande si je sais jouer au backgammon. Je lui répond que j'ai quelques vagues souvenirs, mais que je serai ravi de rafraichir ma connaissance des règles. 5 minutes plus tard, nous voilà lancés dans une première partie. Puis une deuxième, et une troisième. Nous en ferons 5 avant que je ne rentre dans mes pénates avec la ferme intention de me chercher un plateau pour pouvoir m'entrainer à la maison.

Le WE qui suit, nous partons à pied pour chercher un plateau dans une petite boutique de passionnés d'échecs dont j'ai récupéré l'adresse sur Internet. L'extérieur de la boutique m'est familier : cela ressemble à un bric-à-brac de plateaux et de pièces, comme un Temple du Jeu mais qui serait tout de même assez mono maniaque. Tout ici ou à peu près a trait aux échecs, de près ou de loin. Je demande au vendeur de me montrer ce qu'il a en stock comme plateaux de backgammon en bois. Avec une lenteur qui avoisine celle de la limace défoncée, l'homme se dirige vers un gourbis placard et en sort deux boites qu'il semble avoir pris au hasard parmi une bonne cinquantaine. Nous examinons ces deux plateaux. L'un d'entre eux nous plait mais la couleur des pièces n'est pas assez contrastée entre les noires et les blanches (en fait, il s'agirait plutôt de 2 nuances de gris). Je demande à "2-de-tension" s'il accepterait de nous donner un set de 15 pips (les pions d'un joueur au backgammon) plus contrasté, ce qu'il décline plus ou moins poliment. Je commence à comprendre qu'il va falloir le torturer pour qu'il vendre. Tout ce que veut ce zozo, c'est retourner s'assoir dans l'arrière boutique pour reprendre sa partie en aveugle avec un autre zozo du même tonneau.


Après moultes tergiversations, je finis par obtenir qu'il nous sorte davantage de plateaux, tout en ayant l'impression de lui faire une clé de bras. C'est qu'il faut se battre pour avoir le droit de voir, ma bonne dame! C'est pas donné à tout le monde manifestement. Nous finissons par trouver un plateau qui nous convient, en terme de finition comme de prix. Je n'en reviens encore pas, tant il aura fallu faire violence au vendeur pour qu'il accepte de vendre. Voilà une situation fort peu commune depuis que nous sommes arrivés. De retour à la maison, nous enchainons les parties. Ces dernières durent souvent autour de 15 minutes, ce qui est tout de même assez permissif.

Le jeu est bien plus subtil qu'il n'y parait de prime abord. Les choix sont fréquents, et il n'est pas rare de devoir prendre des décisions clés. On sent bien la présence des probabilités, mais de façon suffisamment diffuse pour que cela laisse de la place pour l'intuition et la prise de risque. Comme pour le poker, le backgammon a déjà fait l'objet de nombreux bouquins de stratégie. En jouant quelques parties, on comprend vite pourquoi. Le backgammon 2008, l'essayer c'est l'adopter.

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[1] Le länder le plus septentrional d'Allemagne.

02 avril 2008

And you wash it, you wash it... - #110

Passant du confort douillet parisien au niveau de service et de facilité de vie à l'américaine, il parait fondamental que je rejoigne le million de crétins qui ont fait l'exercice avant moi, et que je partage avec vous les différences majeures entre l'électroménager français (européen?) et celui d'Outre-Atlantique. Sauf qu'"Outre-Atlantique" est une expression relative au narrateur, ce qui la rend assez inappropriée. Mais qu'importe, voilà un portrait du blanc et du brun au pays du melting pot.

Cafetière : en dehors des filtres qui, il faut l'avouer, sont assez peu pratiques, le reste est assez similaire à celle que nous avions à Paris. Elle affiche l'heure et peut être programmée pour s'assurer que même lors des matins les plus difficiles, la caféine soit à portée de gorgée.

Les filtres à café : l'idéal pour se mettre du marc sur le plastron

Grille Pain : peu de changement également du côté du toaster. Il a l'avantage d'offrir des fentes plus larges que son petit frère français, ce qui le rend bagel-compliant (ou encore baguette-compliant s'entend).

Lave vaisselle* : attention, là c'est du lourd. A l'étage inférieur, une sorte de forêt de tiges métalliques verticales disposées de façon assez étrange (certainement pour faciliter l'agencement de la vaisselle), et un bac à couverts assez conventionnel. Au premier, un tiroir. Jusque là rien de bien atypique. On commence à bien se marrer lorsque l'on recherche la raison pour laquelle les verres sortent souvent de la bête dans un pire état de saleté que lorsqu'ils y sont rentrés (véridique). En gros, le cycle eau propre/eau sale est mal foutu, et projette la crasse du tiroir du bas en haut histoire d'aller en mettre une bonne couche au fond des verres. Après un petit coup de vapeur et hop! Le tour est joué, et les herbes de Provence sont comme sérigraphiées au fond des verres à orangeade. Dernier point, surement le plus pénible : la bête fait un boucan de tous les diables. On se croirait revenus au début des années 80, quand on ne mettait l'électroménager en route que lorsqu'on quittait la pièce. Le problème, c'est que l'on en a que 2 (des pièces).

Four à micro-ondes* : il dispose du point majeur et indispensable que tout micro-onde se doit d'avoir : la touche Popcorn. On met le sachet de popcorn dedans, on claque la porte, on clique, et on regarde le spectacle. Le sac se gonfle, crépite et en trois minutes remplit un plein saladier de maïs légèrement beurré. Plus facile, tu meurs. A part ça, je crois que c'est un micro-ondes.

L'indispensable touche popcorn : l'assurance de soirées nanards réussies

Lave linge* : deuxième pavé dans la marre de ma tranquillité. Moins douloureux dans la mesure où lui aussi aboie ses 90dB mais qu'il a la décence de ne le faire que pendant 15 minutes, soit la durée d'un cycle complet. "Hein? Et comment ça sort?" me direz vous. Sale, of course. Qu'est ce que vous croyez? Qu'on lave pour que cela devienne propre? Bon je suis un peu dur. Disons que ça lave approximativement. Selon la quantité lavée bien sur, mais aussi selon un certain nombre d'autres paramètres aléatoires (dont la direction du vent et le nombre de victoires des Giants cette saison). Il n'est pas rare de trouver de la lessive résiduelle sur les fringues. D'un point de vue ergonomie, l'engin se remplit par le haut dans un tambour d'axe vertical. Alors que son petit frère, le sèche-linge, se remplit par devant. Allez savoir.

Sèche linge* : pas grand chose à mentionner. Si, un point important tout de même : le sèche-linge fait partie de la famille des gros équipements, dans laquelle on trouve aussi les deux précédents spécimens. Pour le prouver, il n'hésite pas à déclencher un buzzer de fin de cycle à faire tressaillir un poilu en préparation pour les funérailles nationales. C'est un peu comme si Whirlpool avait mis un composant de corne de brume pour brise-glace dans ses sèche-linges, un vrai bonheur.

☛ Réfrigérateur* : il n'y a pas que des mauvaises nouvelles, et je vous ai gardé les bonnes pour la fin. Le frigo tient à lui seul la palme toutes catégories confondues. Toutes les étagères en verre sont en deux panneaux ajustables à des hauteurs différentes, ce qui permet de se réserver un espace pour mettre des bouteilles debout par exemple. Il dispose par ailleurs d'une porte d'une largeur hallucinante (on peut y loger des gallons de jus d'orange au sens propre), et cette dernière est également pourvue de nombreux bacs ajustables en hauteur. La killer feature, c'est le bac à glacons de la taille de 2 boites à chaussures qui se remplit automatiquement quand on le vide, dans le freezer. L'assurance d'avoir toujours de la glace pour les cocktails en somme, sans jamais devoir jongler avec les petits bacs à glaçons entre l'évier et le freezer, en mettant au passage plein de flotte par terre. Un must.

Le générateur de glaçons : à nous les cocktails!

Four/gazinière* : dotée d'un affichage digital permettant de programmer le four, et de 4 feux gaz de taille sensiblement identique, la cuisinière remplit son office. Les plaques ne sont pas la facilité faite nettoyage, mais le four est fort contenant et verra surement passer une tripotée de cookies et de muffins, "avec des seaux pour en bouffer des pleines plâtrées". Autre avantage : le four affiche la durée restante de préchauffage pour atteindre la température demandée. Et comme le reste de la famille, il sonne fort. On sent qu'il a du avoir du mal à se faire entendre dans son enfance ce petit.

Climatiseur / chauffage * : bien que nous n'ayons encore pu tester la version été, il semblerait que nous ne soyons pas trop mal tombés. Le niveau de bruit en fonctionnement est acceptable, et l'appartement étant bien isolé (ce qui est un minimum pour un immeuble récent) nous n'avons que peu à nous en servir. Reste à voir comment on passe un été à New York en n'ouvrant jamais la fenêtre de plus de 10 cm en largeur (bridée pour éviter que les fous ne sautent). Ça parait gérable.

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* Petite précision : la plupart de l'électroménager débattu dans ces lignes fait partie intégrante de la location de notre appartement (qui n'est pas loué meublé par ailleurs). Mais doit-on pour autant être plus tolérant sur le niveau de bruit et l'efficacité?

30 mars 2008

Strolling around - #109

Cette semaine c'est en photos que je vous propose de suivre notre WE. Une belle ballade sur Houston Street, l'occasion de croiser Broadway et Lafayette Street un samedi après midi (cliquer sur les diaporamas pour accéder aux grands formats):



Saoûlés par la foule, nous partons ensuite faire un petit tour à Brooklyn (haut lieu des amplettes féminines, silk-wise):



A tout de suite sur les légendes et les commentaires des photos.

19 mars 2008

Swimming Without Sharks - #108

Une fois n'est pas coutume : c'est une guest star qui chroniquera le quotidien des deux zozos de la Côte Est cette semaine. Il parait même qu'elle est déjà venue. Take care,
Raph.

Le bonheur n'est pas toujours dans la piscine, bien au contraire! Et recréer ses habitudes aquatiques (erratiques certes mais habitudes quand même) n'est pas de tout repos, surtout lorsqu'on n'est pas douée...

Au mois de janvier, j'avais cherché des piscines dignes de ce nom sur Manhattan. Pas gagné. Les newyorkais préfèrent le vélo en salle et la muscu à nos saines longueurs. Résultat, une offre de piscines sportives aussi fine qu'une ficelle brésilienne un jour de carnaval... Pour tout dire, il y a 3 piscines "municipales" pour le tiers sud de Manhattan. Et encore, piscine de 22 mètres de long avec 3 lignes de nage seulement, alors il faut s'armer de patience. Ou bien il faut s'armer tout court mais c'est pas facile d'assortir le gun avec le bikini à fleurs et au pays de la hype, la faute de goût est mortelle.

Alors je trouve enfin une piscine. Je mets 2 semaines à comprendre la grille des horaires. Merci Wikipédia et son article sur la natation depuis la nuit des temps qui m'aprennent que "lap", ca veut dire longueur et qu'il y a des horaires spécifiques! Ah quel merveilleux pays bien organisé! Séparer les fans de l'endurance de ceux qui sont venus pour vendre des cravattes! Adieu les enfants qui jouent dans tes pattes, les mecs qui remontent à fond la ligne pour aller s'échouer au bout 5 min après chaque longueur, les filles qui veulent pas mouiller les cheveux pour pas sacager le brushing!

Après les horaires, il reste le tarif. C'est plutôt simple: tu prends un abonnement annuel qui coûte pas cher (75 dollars) ou très cher (1000 dollars - piscine en classe Affaires). Et si je veux essayer juste une fois pour vérifier l'hygiène, la déco, le feng shui de l'eau tout ça? Et ben tu payes ton abonnement annuel et ensuite tu iras voir si les vestiaires datent du 19, 20 ou 21ème siècle. Argh! Au final, pleine de bonnes intentions, je me décide enfin ce matin à mettre les pieds dans la piscine pour sportifs à budget modéré. Une vieille en sous-sol, toute décrépite avec 3 lignes et pas une seule star dedans. D'ailleurs c'était tellement peu branché comme endroit qu'il n'y avait personne!

Cependant, le chemin du Saint Grââl aquatique est parsemé d'embuches et il me manquait l'accessoire clef pour accéder au bassin: le cadenas pour le vestiaire! "Ici madame, chacun apporte son cadenas pour les vestiaires, allez vous en acheter un à la droguerie en face". Enfin, munie de mon cadenas tout neuf, je me retrouve dans les vestiaires (début 20ème je dirais). Presque arrivée au but de mon odyssée, je me change et me fais la réflexion que mon maillot de bain (2 pièces, détail important), il commence à accuser les années et que les espèces de particules qui s'en détachent, c'est pas top classe quand même. Et bon l'élastique de mes lunettes, il est devenu carrément orange sans même passer par la case jaunasse. Mais quand est-ce que j'ai été à la piscine pour la dernière fois???! Bon, on s'en fout de ne pas avoir la classe, y'a nobod dans le bassin: aller, zou à l'eau et que ca fende la flotte!


Et la, catastrophe (à prononcer avec un fort accent germanique pour un effet théatral digne de cette ka-ta-ze-trofffeu). Ka-ta-ze-trofffeu donc, ce putain de maillot, il n'a plus aucune élastique! Je ne fends pas du tout l'écume, j'écope l'eau de la piscine avec mon slip de bain en montrant mon anatomie comme un vulgaire étudiant de grande école en WE d'intégration! J'ai l'impression de m'appeler Michel Blanc. Je visualise Michel avec les algues devant et les vagues derrière... Sauf que dans mon cas, il n'y a pas le début d'une algounette dans le bocal. L'eau est bleue, bleue (le ciel de Provence). Et si je ne sors pas d'ici très vite, blancs blancs les goélands vont pas tarder à rappliquer. Alors?!? Et bien j'ai quand même fini ma longueur (rapport aux cravattes mentionnées ci-dessus). Et je suis sortie la tête haute, le regard fier, les yeux dans les yeux avec le maître nageur et les mains sur les hanches/maillot comme dans tout bon western qui se respecte.

Qui aurait cru que la démarche si caractéristique des cowboys était due à un élastique défaillant?

09 mars 2008

La saga du stylo

Vous avez peut-être déjà suivi l'épisode du stylo de notre hyper-président en Roumanie. Pour ceux qui ont raté ce grand moment, un petit rattrapage ci-dessous.

Update : J'ai oublié de préciser ma source, ce qui n'est pas bien, or cette "première vidéo est le fruit du petit journal de Yann Barthez, sur Canal+" (merci Pierre).


Sarkozy et le stylo
Uploaded by netruner


Si les choses s'étaient arrêtées là, c'est à dire à un président bling bling prenant en hôtage son homologue roumain devant les caméras pour lui subtiliser un stylo à la régulière, cela serait resté une anecdote. Mais les choses vont beaucoup plus loin. Comme le relaye Arrêt Sur Images cette semaine dans son excellente interview d'Antoine Guiral, il y a une suite à ce cupide chapitre de l'histoire de Sarko à la tête du pays. Voyez par vous mêmes.


Un stylo offert à Hanovre au Président Nicolas Sarkozy
Uploaded by agencelejr

Plusieurs constats, en voyant cette seconde vidéo :
  • L'intéressé semble ne pas voir la taille du gant qu'on lui jette à la face, ne pas saissir l'ampleur de la raillerie. Peut-être est-ce simplement la seule issue possible dans cette impasse, dans ce traquenard lancé par la chancelière allemande?
  • Si c'est le buzz de la première vidéo sur le Net qui a attiré l'attention du cabinet d'Angela Merkell et permis la seconde, il s'agit là de la première fois, à ma connaissance, qu'une info majoritairement relayée par le Net entraîne un acte diplomatique bien réel entre chefs d'Etat.
  • Si un chef d'Etat voisin de la France en arrive là c'est bien parce que la réputation de ce président rockstar strass et paillettes, collectionneur de signes extérieurs de richesse et vindicatif façon racaille, n'est plus à faire.
Pas mécontent de vivre de l'étranger une bonne partie du mandat Sarkozy moi.

05 mars 2008

Is my name on the list? - #107

Si fueris Romae, Romano vivito more.*
(Saint Ambroise)

Samedi soir, 19h00.
Nos deux protagonistes pleins d'entrain sont fins prêts pour sortir dîner avec des amis dans un petit restaurant grec du côté de Chelsea. C'est à dire tout près, et en même temps plus loin qu'il n'y parait : traverser Manhattan d'Est en Ouest est beaucoup moins aisé que de s'y déplacer du Nord au Sud. Sur la presqu'île, tout a été pensé dans le sens de la hauteur/longueur. Autant dire qu'ils se sont gourés dans les grandes largeurs. Après examen rapide de la grille des rues et de celle des horaires, nous optons pour le bus. Tout aurait été parfait si nous n'avions pas réagi un peu tard pour presser le stripe[1]. Et un bloc d'avenue trop loin, c'est pas la même chose qu'un bloc de rue. C'est à peu près 5 fois plus long. Nous partons donc de la 7ème avenue et nous enfoncons dans le quartier pour retomber sur le point de rendez vous.

19h30. Nous arrivons les premiers au restaurant. La réservation a été faite par nos amis pour 19h30, et je donne à l'hôtesse d'accueil le nom de cette dernière. Vous n'êtes pas sans ignorer[2] que l'on attend d'être assis ici, on est des gens civilisés. Cette grande brune scrute donc son calepin et conclut par l'affirmative. C'est le bon endroit, ce qui confirme notre aptitude à nous orienter dans un repère orthonormé. A cette heure-ci, le restaurant est déjà plein et notre table est la seule inoccuppée. S'en suit un silence qu'elle interrompt en nous proposant de lui remettre nos manteaux. Nous nous exécutons dans l'entrée de ce lieu plutôt cosi, et de petite superficie. Le niveau de bruit en est même fort supportable pour un samedi soir. Ca c'est parce qu'ils n'ont pas mis la musique fort. Habituellement le niveau de bruit dans ce genre de situation, proche du marteau piqueur qui tire la bourre à l'avion de ligne (j'exagère à peine), me fait rapidement atteindre mon seuil de tolérance. Au retour de l'hôtesse, je lui propose de nous donner la carte des vins pour que nous puissions commencer une bouteile à table en attendant d'être au complet. Second silence dans le brouhaha, plus long que le premier. "Je préfère attendre que vous soyez au complet pour vous assoir..."

19h35. Alors que je médite encore sur cette réponse qui ne me semble pas avoir de sens, un groupe entre également dans le restaurant. Sur le pas de la porte, qui donne directement dans l'unique pièce dont l'établissement est constitué, nous nous sentons comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. Même cérémonial pour les manteaux de ces nouveaux arrivants. Mais une issue bien différente puisqu'eux sont 4, sans réservation. L'hôtesse les invite, sous nos yeux incrédules, à aller s'assoir à notre table.

19h40. Nos amis arrivent, avec une dizaine de minutes de retard. Troisième aller retour au vestiaire de la grande brune, tout sourire. Suivi d'un long silence. "Ne vous inquiétez pas, ce sera pas long. L'affaire de quelques minutes."

19h50. Aucune table ne montre encore de velléité de se libérer. Nous commentons les assiettes, debout, au milieu d'un parterre de gens en train de manger.

20h00. Une table de 4 se libère, après une bonne demi-heure d'attente debout. Et toujours pas l'ombre d'un verre de vin. J'avoue ne pas avoir supplié pour obtenir une place au bar, bondé lui aussi.

Heureusement, ce qui suit est un très bon repas de mezze à partager suivis de plats grecs à base d'agneau, le tout accompagné par un bon vin. Après vérification auprès de nos amis, bien moins courroussés que nous par cette expérience pour le moins déroutante, ce n'est pas un cas isolé mais bien la norme. Je suppose que le prix du mètre carré n'y est pas pour rien, une fois de plus, et qu'un service le samedi soir dans Chelsea, cela s'ammortit sur un maximum de couverts. Je comprends aussi que la réservation expire 5 minutes après l'heure. A bon entendeur.


Et sinon cette semaine, cela va faire deux mois qu'on est ici. Et on est ravis, au cas où cet épisode vous en fasse douter. ;)

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* : "A Rome, fais comme les romains."
[1] : Rien d'obscène, puisqu'il s'agit du ruban sur lequel les passagers du bus peuvent presser pour demander l'arrêt au prochain abri.
[2] : Entendu sur France Inter il y a quelques semaines, authentique. J'ai failli m'étouffer dans la rame de métro.

24 février 2008

Supersize Me - #106

Quoi de neuf au pays des expatriés de la côte Est? Après deux semaines d'habitation dans cette nouvelle tanière des temps modernes, on commence à y voir plus clair : les cartons ont (presque) disparu et l'on a fait de notre mieux pour ranger les contenus dans les contenants (et non pas l'inverse, mais ce n'est pas difficile de s'en rendre compte). Il reste cependant quelques associations suprenantes (vêtements en vitrine dans le vaisselier, vieux PC recyclé en table de chevet...) qui nous ont motivé pour exploiter pleinement notre espace de placards. Ces derniers manquant de subdivisions intérieures, en bons petits européens, un seul mot magique est venu dans notre esprit, tel un Eureka : I-K-E-A. Les 4 lettres qui riment avec archifonctionnel bon marché, ce qui semble être une gageure ici bas. Et quelle est l'incarnation du modèle économique d'IKEA à New York? Un magasin dans le New Jersey, of course!

Nous voilà donc partis sur l'élaboration d'un plan protéiforme, passant par la location de camionette ou par l'aller en transports en commun et le retour en taxi. Jusqu'à ce que l'on découvre qu'IKEA ne se contente pas de vous redonner la vision en 3D, ils affrettent également une navette gratuite de Manhattan Port Authority Bus Terminal[1] à leur magasin (et retour)! Le WE seulement, d'accord. Mais on devrait s'en sortir, puisque nous sommes samedi. Nous voilà donc partis le dimanche matin pour la grande grise aventure : 30 minutes de car dans un no man's land de bretelles d'autoroutes, de containers maritimes et de hangars industriels. Un vrai bonheur. Mais au bout, Disneyland en mieux : IKEA. Tout ici est trop si familier, les ambiances, les sempiternelles collections de bibliothèques BILLY ou de fauteuils POÄNG, et bien-sûr les petits crayons de bois pour noter ce que l'on veut acheter. Et c'est là souvent que se joue le drame : on gribouille les tiroirs par ci, l'étagère par là, et on pense pas vraiment encore à la taille des colis. C'est quand on arrive enfin au hangar self-service que l'on réalise que même avec l'aide du bus, ça parait tendu notre affaire. Sans parler du taxi qu'il faudrait que l'on prenne ensuite pour rallier le terrier depuis le Manhattan Port Authority Bus Terminal. C'est donc bredouilles (ou presque, quelques accessoires de cuisine tout au plus) que nous rentrons du New Jersey. Heureusement, au retour, les bretelles d'autoroutes sont toujours là. Les containers et les hangars aussi. On prend la ferme décision de se faire livrer l'ensemble de ce que nous n'avons pu ramener dans nos trop petits bras, et l'on se dit qu'une fois de plus, on aurait pu tout commander sur Internet.

La semaine dernière a aussi été celle des premières découvertes de la richesse culinaire de notre nouveau quartier. Après avoir récupéré une liste de recommandations d'experts locaux[2], nous voilà partis à l'assaut de Katz's Delicatessen, une institution Downtown Manhattan reconnue pour ses sandwichs à teneur garantie en protéines, les Pastrami Sandwiches. En effet, nous n'avons pas été déçus. C'est aussi, en cette époque de peopolisation d'à peu près tout ce qui passe, le lieu mythique où a été tournée la scène des gémissements en public de Sally dans Quand Harry rencontre Sally. Avec sa configuration de grand deli un peu vide, le lieu est assez déroutant au départ. Mais le sandwich ressemble à 5 bons centimètres d'épaisseur de viande marinée pris entre deux minces tranches de pain blanc enduites de moutarde. C'est délicieux, et lourd à souhait. Même pas l'hypocrisie d'un kebab qui vous glisse quand même deux feuilles de salade et quelques crudités, histoire de dire. La viande, le pain. Un vrai régal, ceci dit. ;)


Sinon la grenouille météo se les gèle cette semaine, il a neigé une grosse dizaine de centimètres qui ont tenu quelques jours. Rien d'insurmontable, tant qu'on évite de prendre les taxis qui ne conduisent pas soudainement mieux (ou au moins plus doucement) sous prétexte que la chaussée est enneigée, et dont les voitures font penser à des galets de curling quand elles déboullent sur les avenues. "Au pire, y'a les panneaux de signalisation pour faire bumpers" me direz vous. Oui, mais quand même. A bientôt les amis.

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[1] : La principale gare routière de la péninsule.
[2] : Special thanks to Kris & Bob.