Passant du confort douillet parisien au niveau de service et de facilité de vie à l'américaine, il parait fondamental que je rejoigne le million de crétins qui ont fait l'exercice avant moi, et que je partage avec vous les différences majeures entre l'électroménager français (européen?) et celui d'Outre-Atlantique. Sauf qu'"Outre-Atlantique" est une expression relative au narrateur, ce qui la rend assez inappropriée. Mais qu'importe, voilà un portrait du blanc et du brun au pays du melting pot.
☛ Cafetière : en dehors des filtres qui, il faut l'avouer, sont assez peu pratiques, le reste est assez similaire à celle que nous avions à Paris. Elle affiche l'heure et peut être programmée pour s'assurer que même lors des matins les plus difficiles, la caféine soit à portée de gorgée.
Les filtres à café : l'idéal pour se mettre du marc sur le plastron☛ Grille Pain : peu de changement également du côté du toaster. Il a l'avantage d'offrir des fentes plus larges que son petit frère français, ce qui le rend
bagel-compliant (ou encore
baguette-compliant s'entend).
☛ Lave vaisselle* : attention, là c'est du lourd. A l'étage inférieur, une sorte de forêt de tiges métalliques verticales disposées de façon assez étrange (certainement pour faciliter l'agencement de la vaisselle), et un bac à couverts assez conventionnel. Au premier, un tiroir. Jusque là rien de bien atypique. On commence à bien se marrer lorsque l'on recherche la raison pour laquelle les verres sortent souvent de la bête dans un pire état de saleté que lorsqu'ils y sont rentrés (véridique). En gros, le cycle eau propre/eau sale est mal foutu, et projette la crasse du tiroir du bas en haut histoire d'aller en mettre une bonne couche au fond des verres. Après un petit coup de vapeur et hop! Le tour est joué, et les herbes de Provence sont comme sérigraphiées au fond des verres à orangeade. Dernier point, surement le plus pénible : la bête fait un boucan de tous les diables. On se croirait revenus au début des années 80, quand on ne mettait l'électroménager en route que lorsqu'on quittait la pièce. Le problème, c'est que l'on en a que 2 (des pièces).
☛ Four à micro-ondes* : il dispose du point majeur et indispensable que tout micro-onde se doit d'avoir : la touche
Popcorn. On met le sachet de popcorn dedans, on claque la porte, on clique, et on regarde le spectacle. Le sac se gonfle, crépite et en trois minutes remplit un plein saladier de maïs légèrement beurré. Plus facile, tu meurs. A part ça, je crois que c'est un micro-ondes.
L'indispensable touche popcorn : l'assurance de soirées nanards réussies ☛ Lave linge* : deuxième pavé dans la marre de ma tranquillité. Moins douloureux dans la mesure où lui aussi aboie ses 90dB mais qu'il a la décence de ne le faire que pendant 15 minutes, soit la durée d'un cycle complet. "Hein? Et comment ça sort?" me direz vous. Sale,
of course. Qu'est ce que vous croyez? Qu'on lave pour que cela devienne propre? Bon je suis un peu dur. Disons que ça lave approximativement. Selon la quantité lavée bien sur, mais aussi selon un certain nombre d'autres paramètres aléatoires (dont la direction du vent et le nombre de victoires des
Giants cette saison). Il n'est pas rare de trouver de la lessive résiduelle sur les fringues. D'un point de vue ergonomie, l'engin se remplit par le haut dans un tambour d'axe vertical. Alors que son petit frère, le sèche-linge, se remplit par devant. Allez savoir.
☛ Sèche linge* : pas grand chose à mentionner. Si, un point important tout de même : le sèche-linge fait partie de la famille des gros équipements, dans laquelle on trouve aussi les deux précédents spécimens. Pour le prouver, il n'hésite pas à déclencher un
buzzer de fin de cycle à faire tressaillir un poilu en préparation pour les funérailles nationales. C'est un peu comme si Whirlpool avait mis un composant de corne de brume pour brise-glace dans ses sèche-linges, un vrai bonheur.
☛ Réfrigérateur* : il n'y a pas que des mauvaises nouvelles, et je vous ai gardé les bonnes pour la fin. Le frigo tient à lui seul la palme toutes catégories confondues. Toutes les étagères en verre sont en deux panneaux ajustables à des hauteurs différentes, ce qui permet de se réserver un espace pour mettre des bouteilles debout par exemple. Il dispose par ailleurs d'une porte d'une largeur hallucinante (on peut y loger des gallons de jus d'orange au sens propre), et cette dernière est également pourvue de nombreux bacs ajustables en hauteur. La
killer feature, c'est le bac à glacons de la taille de 2 boites à chaussures qui se remplit automatiquement quand on le vide, dans le freezer. L'assurance d'avoir toujours de la glace pour les cocktails en somme, sans jamais devoir jongler avec les petits bacs à glaçons entre l'évier et le freezer, en mettant au passage plein de flotte par terre. Un
must.
Le générateur de glaçons : à nous les cocktails!
☛ Four/gazinière* : dotée d'un affichage digital permettant de programmer le four, et de 4 feux gaz de taille sensiblement identique, la cuisinière remplit son office. Les plaques ne sont pas la facilité faite nettoyage, mais le four est fort contenant et verra surement passer une tripotée de cookies et de muffins, "avec des seaux pour en bouffer des pleines plâtrées". Autre avantage : le four affiche la durée restante de préchauffage pour atteindre la température demandée. Et comme le reste de la famille, il sonne fort. On sent qu'il a du avoir du mal à se faire entendre dans son enfance ce petit.
☛ Climatiseur / chauffage * : bien que nous n'ayons encore pu tester la version été, il semblerait que nous ne soyons pas trop mal tombés. Le niveau de bruit en fonctionnement est acceptable, et l'appartement étant bien isolé (ce qui est un minimum pour un immeuble récent) nous n'avons que peu à nous en servir. Reste à voir comment on passe un été à New York en n'ouvrant jamais la fenêtre de plus de 10 cm en largeur (bridée pour éviter que les fous ne sautent). Ça parait gérable.
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* Petite précision : la plupart de l'électroménager débattu dans ces lignes fait partie intégrante de la location de notre appartement (qui n'est pas loué meublé par ailleurs). Mais doit-on pour autant être plus tolérant sur le niveau de bruit et l'efficacité?